Se rattacher au monde. Considérations propédeutiques à l’analyse de l’engagement cosmopolite des jeunes adultes

Vincenzo Cicchelli

Résumé


Cet article entend avancer quelques considérations propédeutiques à l’analyse d’un type d’engagement pour le monde, que j’appelle engagement cosmopolite, s’inscrivant dans un sentiment de rattachement à une commune humanité. Dans cet article, je pars de l’hypothèse que même dans un cadre qui dépasse les liens sociaux de proximité, et qui finit par embrasser le cercle ultime de l’humanité tout entière, l’individu peut éprouver un sentiment tel que la responsabilité en vienne à être considérée comme une réponse irrécusable, incessible et non résiliable à l’égard d’autrui. Je m’interroge sur la façon dont s’exprime ce sentiment lorsque des peuples, pouvant être éloignés sur le plan géographique, voire culturel, sont frappés par des événements tels des catastrophes nucléaires et environnementales, des attentats terroristes, des génocides. En exploitant une partie des entretiens menés en 2011 auprès d’une trentaine de jeunes adultes français, j’insiste sur cette forme de souci d’autrui qui peut être intelligible par la notion d’engagement cosmopolite. J’inscris l’analyse de cet engagement à l’intérieur d’un cadre général de socialisation cosmopolite de type éthique. Émerge l’idéal de l’individu cosmopolite : compétent sur le plan géopolitique, faisant preuve d’une certaine sollicitude, manifestant une forme de souci d’un autrui éloigné culturellement et géographiquement. Le repoussoir serait un individu cynique n’affichant aucune forme de sensibilité pour le sort des êtres humains.


Mots-clés : engagement cosmopolite, humanité, responsabilité, compassion, empathie


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