Éléments pour une analyse du non-engagement et du désengagement des jeunes comme processus sociaux

Stéphanie Garneau

Résumé


Contre le modèle de l’intentionnalité de l’acteur, qui prétend que les acteurs sociaux font une évaluation relativement semblable et durable des avantages et des inconvénients d’un engagement militant, ainsi que contre le modèle des déterminants structurels, qui privilégie un regard sur les origines structurelles des mobilisations, les approches interactionnistes ont permis de renouveler l’étude de l’engagement militant en éclairant les processus complexes, à la fois micro, méso et macro sociaux, par lesquels les acteurs sociaux entrent dans un engagement et le font perdurer. Dans cet article, nous montrons, à partir d’exemples présents dans la littérature, qu’une approche interactionniste peut non seulement éclairer les processus d’engagement des jeunes, mais aussi leurs processus de désengagement, voire de non-engagement. Plus spécifiquement, nous explicitons en quoi l’analyse du désengagement des jeunes et de certaines formes de non-engagement comme des processus sociaux permet : 1) de comprendre les logiques interactionnelles et de mise en cohérence de soi qui poussent à la désaffection ou à la « carence » d’engagement; 2) de nous renseigner sur les conditions qui favorisent les engagements et leur maintien; et 3) de nous défaire de certaines interprétations normatives de la jeunesse.


Mots-clés : désengagement, non-engagement, jeunesse, interactionnisme, processus


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