Voter à l’échelle municipale au Québec : significations et portée chez certains jeunes électeurs

Sandra Breux, Salomé Vallette

Résumé


Au Québec, les élections municipales se caractérisent par la faible mobilisation qu’elles suscitent. Cette réalité est encore plus frappante chez les jeunes électeurs. Si les causes de cette abstention demeurent encore largement méconnues, la spécificité de l’échelle municipale est souvent mise de l’avant. Ce constat invite à délaisser les analyses plus traditionnelles du vote pour considérer l’acte électoral comme un geste symbolique d’identification à un territoire, porteur d’un ensemble de valeurs, susceptibles de diverger selon l’âge de l’électeur. L’objectif de notre propos est ainsi de saisir ce que signifie, pour les jeunes électeurs, l’acte de voter à l’échelle municipale. À partir de la passation de questionnaires et de la réalisation de six groupes de discussions avec des électeurs âgés en moyenne de 20,7 ans et étudiant à Montréal, notre recherche met en évidence le rôle crucial que jouent la quantité et la nature de l’information politique dans les représentations des jeunes. Aux yeux de nos répondants, l’échelle municipale est peu lisible, peu accessible et ne sous-tend pas de réel projet politique – contrairement à l’échelle provinciale et dans une moindre mesure et de façon très différente, à l’échelle fédérale. Si l’influence parentale se fait sentir dans la mobilisation de certains, votants ou abstentionnistes affichent leur volonté d’être davantage informés sur ce niveau de gouvernement.

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