Le rapport au travail : mise en lumière de l’agentivité des jeunes en situation de vulnérabilité au Québec et en France

María Eugenia Longo, Claire Bidart, Jérémy Alfonsi, Marjolaine Noël, Thierry Berthet

Résumé


Le travail occupe une place importante dans la vie des sociétés et des individus, notamment en tant que vecteur d’intégration sociale et source d’identité, en dépit de contextes historiques de précarisation de l’emploi. Les recherches et comparaisons internationales sur les rapports des jeunes au travail sont nombreuses, mais tendent à offrir une image peu diversifiée de la jeunesse. Cet article se focalise sur les spécificités des rapports au travail des jeunes en situation de vulnérabilité, ce qui conduit à interroger les processus par lesquels ils développent leur agentivité. En effet, l’analyse qualitative inductive et la mise en perspective internationale systématique d’entretiens individuels réalisés auprès de jeunes en situation de vulnérabilité sur le marché du travail (décrocheurs, immigrants, autochtones, ruraux, surqualifiés) au Québec et en France montrent que l’activité professionnelle reste importante pour eux et constitue une plaque tournante autour de laquelle la vie se structure et prend du sens. L’inactivité est très mal vécue par ces jeunes et provoque plutôt un positionnement critique vis-à-vis de l’aide sociale. De plus, s’ils sont fortement touchés par la précarité matérielle, et si l’aspect financier reste prédominant parmi les raisons les incitant à travailler, celui-ci touche toutefois des dimensions variées. Enfin, malgré de lourdes épreuves vécues, les jeunes décrivent plutôt avec pragmatisme et optimisme le marché du travail.


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