TERMINÉ | Appel à contributions | Les rapports des jeunes au travail dans un monde en transformation

Appel à contributions

Les rapports des jeunes au travail dans un monde en transformation

**En raison des répercussions causées par la crise sanitaire liée à la COVID-19,
nous prolongeons la période de réception des intentions de contributions au 25 mai**

 

La Revue Jeunes et Société lance un appel à contributions pour un dossier sur le thème des rapports des jeunes au travail coordonné par María Eugenia Longo (Institut national de la recherche scientifique), Sylvain Bourdon (Université de Sherbrooke) et Thierry Berthet (Laboratoire d’économie et sociologie du travail).

 

Les intentions de contributions (3 000 signes maximum, espaces compris), incluant un titre préliminaire, une présentation du sujet (contexte et positionnement dans la littérature), son traitement (méthodologie) et les principaux résultats, doivent être adressées à rjs@ucs.inrs.ca au plus tard le 25 mai 2020. Les auteurs dont les propositions sont retenues seront avisés vers le 10 juin 2020. L’acceptation de l’intention ne présume pas de l’acceptation de l’article, lequel sera soumis à la procédure d’évaluation habituelle de la revue (évaluation par les pairs).

Les articles complets (en français, maximum 60 000 signes, espaces compris, références incluses, accompagné d’un résumé de 1500 signes, espaces compris) devront être soumis avant le 31 octobre 2020 en version électronique par courriel (rjs@ucs.inrs.ca).

Les auteurs sont invités à consulter la politique éditoriale de la revue et les directives aux auteurs pour la préparation des textes finaux. La revue n’accepte que les textes originaux et inédits qui ne sont pas en évaluation par une autre revue.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, contacter rjs@ucs.inrs.ca.

Présentation de la thématique

Les sens et les représentations nourris par les jeunes à l’égard du travail font l’objet de nombreuses études au croisement des sociologies de la jeunesse et du travail, et ce, dans différents pays. On retrouve alors une multitude de concepts (rapport au travail, rapport à l’emploi, rapport à l’activité, identité professionnelle, valeurs professionnelles, dimension instrumentale, dimension sociale, etc.) mobilisés pour appréhender de la manière la plus fiable possible les significations attribuées au travail, la manière dont elles se construisent ainsi que leur implication dans les parcours juvéniles. Parmi les concepts pionniers, on retrouve celui du rapport à l’activité, qui se définit comme une disposition envers l’engagement professionnel (Nicole-Drancourt, 1994). Le concept de rapport au travail, quant à lui, se compose selon certains auteurs de trois dimensions, soit la place du travail dans la vie, l’image du monde du travail et les dimensions du travail (Bidart et Longo, 2007). Ce concept peut également renvoyer à « trois significations radicalement différentes et contradictoires qui continuent de coexister » (p.17), soit le travail comme « facteur de production », comme « essence de l’homme » et comme « système de distribution des revenus, des droits, et des protections » (Méda et Vendramin, 2013). On retrouve aussi y associé le concept d’éthos du travail, qui est à son tour composé de trois dimensions, la centralité du travail, la finalité du travail et les attitudes à l’égard des principales normes managériales (Mercure et Vultur, 2010). La notion de rapport à la vie professionnelle est également utilisée pour appréhender les sens et les représentations individuels à l’égard du travail (Longo, 2018). Ces différents concepts mobilisés en sociologie du travail trouvent une résonance particulière lorsqu’ils sont appliqués à la transition vers l’âge adulte.

 

Indépendamment des différents concepts mobilisés pour appréhender les rapports qu’entretiennent les jeunes au travail, plusieurs travaux empiriques ont montré que ce rapport s’avère être socialement ancré, et qu’il constitue un médiateur symbolique et pratique entre les contextes socioéconomiques et culturels d’une part et les choix et la situation en emploi des jeunes (Trottier, 2000 et 2000a; Vendramin et Meda, 2013; Longo & Bourdon, 2016), leur sensibilité à la conjoncture (Fortin, 2006), y compris la situation en emploi dans des contextes sociaux en transformation (Amougou, 2016), d’autre part. Le rapport au travail juvénile apparaît de plus évolutif, se construisant dès l’enfance et se façonnant au fil des expériences, par la combinaison des études et de l’emploi, par exemple (Alberio et Tremblay, 2017), en fonction des intérêts personnels et des mondes scolaires et sociaux qui les entourent (Nicole-Drancourt, 1994; Côté, 2013; Longo & Bourdon, 2016; Loriol, 2017; Longo, 2018). Multidimensionnel, il repose sur un ensemble de représentations, de relations à soi et aux autres, de dispositions envers le marché du travail et le monde social en général, qui déterminent tant la place attribuée par chaque jeune au travail dans sa vie que la contribution du travail aux trajectoires d’entrée dans la vie adulte. Dans les faits, le rapport au travail s’avère ainsi révélateur des choix et des critères d’orientation des parcours de jeunesse, alors qu’il permet d’appréhender les articulations entre les diverses sphères d’activités et les valeurs des jeunes, mais également l’interaction entre rapports symboliques, pratiques effectives et d’autres facteurs qui composent leurs trajectoires (l’origine sociale et culturelle, le sexe, la santé physique et mentale, le diplôme, la catégorie socioprofessionnelle; les secteurs d’activité, parmi d’autres) (Trottier, Vultur et Gauthier, 2003; Gauthier, 2015; Melo et Gaviria, 2018; Loriol, 2017).

 

Au cours des dernières années, l’informatisation et la virtualisation croissante des activités humaines, ainsi que les menaces écologiques avec les ajustements et réactions qu’elles suscitent, sont venues bousculer le contenu et les conditions d’exercice du travail : changements techniques et organisationnels importants; reconfiguration des conflits et des rapports sociaux de travail; modifications des arrimages entre la vie professionnelle et la vie privée; transformations des repères spatiaux et temporels de l’activité. De nouvelles stratégies d’entreprise ont aussi été déployées, se traduisant par une quête de flexibilité fondée sur l’externalisation d’une partie de l’emploi, une réduction des droits et sécurités ainsi que l’émergence des outils technologiques qui changent la nature du travail et imposent un nouveau modèle productif. Dans ce contexte global, qu’advient-il spécifiquement des rapports des jeunes au travail? De quelle manière les changements dans le marché du travail, dans la production, la consommation, les appartenances culturelles, identitaires et les pratiques citoyennes influencent-ils la place du travail dans la vie des jeunes, les manières dont ils se représentent le travail, leurs critères pour choisir ou refuser un emploi et, plus généralement, pour planifier leur orientation professionnelle, leur manière de se conduire dans le cadre d’un emploi et leurs rapports aux employeurs? De quelle manière ces transformations sont-elles prises en charge en termes d’action publique? Quelles politiques publiques s’y rattachent ? 

 

Ce numéro vise à rassembler les travaux récents concernant les sens et les représentations des jeunes à l’égard du travail. Les contributions attendues pourront être d’ordre théorique, méthodologique ou empirique, et elles devront apporter un éclairage sur les rapports au travail des jeunes en lien avec le contexte social où ils évoluent.